Comment est né ce blog ?

J’aime Internet et je lis volontiers  un certain nombre de blogs d’amis ou issus de rencontres fortuites sur la toile. Pourtant, je n’avais jamais envisagé d’en créer un. Mon métier : chercheur, fonctionnaire de la Culture et aussi chargé de cours à l’Université, comblant plus que largement mon besoin d’expression et mon plaisir d’écriture. Non, je n’aurais certainement pas éprouvé la nécessité de "publier" davantage – surtout pour parler de moi – si des circonstances prosaïques : celles de la recherche depuis trois mois et demi d’un appartement dans l’est parisien ne m’avaient tour à tour inquiété, atterré, parfois révolté, puis finalement amusé et incité à partager un périple qui est parfois une épreuve, mais qui – ainsi exorcisé – n’est plus une souffrance.

Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 11:57

Après trois mois de recherches émaillées d’espoirs déçus et de déconvenues – hier encore j’ai reçu un SMS annulant une visite prévue de longue date pour cause de locataire trouvé en direct par le propriétaire – je n’ai toujours pas de toit. Mais j’ai eu le bonheur de constater des gestes solidaires et des élans d’affection à mon égard. J’ai ainsi nomadisé quelques temps, chez des proches ou des amis, me confiant sans hésiter les clés de leur domaine en partant en vacances où m’accueillant dans leur foyer.

Je suis désormais perché dans une chambrette au 8e étage d’un immeuble parisien - au-dessus même des chambres de bonnes - d'où je peux , tel un stylite, ruminer dans le calme de profondes pensées de circonstances. Comment exister sans lieu d’existence ? L’Être est-il territorial ? Non, mais il a besoin pour se manifester d’une place, d’une accroche topologique même infime...

En réalité, ce lieu d’être inexpugnable nous le possédons tous, même sans rien posséder : c’est notre corps. Qu’il puisse se poser dans un espace si petit soit-il et qu’il écarte la rumeur du monde et la présence de l’essentiel (j’allais écrire l’Essence-Ciel) peut se déployer dans la paix.

 

Par Sesostris
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 11:52

Dussè-je briser le consensus mou du politiquement correct, je dois relever qu’on m’a parfois fait comprendre, qu’aux yeux de certains propriétaires, je n’avais pas le bon « genre ». Car la femme, jeune et provinciale de préférence... à la préférence de bien des bailleurs. On peut comprendre pourquoi : elle rassure. Une donzelle risque moins à priori de s’adonner à la boisson, de faire du tapage nocturne, d’engendrer violence et troubles de voisinage.

J’ai beau me récrier que je suis sérieux, que je n’ai pas de casier judiciaire (ce qui est vrai mais ne prouve rien) et que je n’ai guère le goût des tournois de pokers nocturnes arrosés et enfumés, rien n’y fait. Et puis... tare pour certains rédhibitoire, je suis flanqué d’un ado ! Certes mon fils est de son temps : il pourrait décrocher un master de jeux en ligne ou écrire une thèse sur World of Warcraft ; mais il est aussi paisible que sociable et je peux certifier qu’il n’organisera pas de contests de hip-hop sur le plancher du salon. Visiblement, le binôme d’un père et de son fils – naguère jugé touchant par les téléfilms français – ne suscite souvent que méfiance dubitative auprès des maîtres des lieux.


Par Sesostris
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 11:50

La France manque cruellement, en quantité comme en qualité, de chambres et de studios pour ses étudiants. Ceci est le résultat d’une longue suite d’inconséquences des gouvernements successifs alors que rien n’est aussi prévisible que la démographie universitaire (les étudiants d’aujourd’hui sont les collégiens d’hier et les gamins du primaire d’avant-hier). Face à cette pénurie dramatique, un plan prévoyant la construction urgente de 300 000 chambres a été initié par les pouvoirs publics mais il mettra du temps pour aboutir un à dégonflement sensible de la demande estudiantine qui, en cascade, perverti la problématique de l’offre de logements. En effet, les étudiants ne trouvant pas de studios, se mettent désormais en masse à deux (couple ou copains), voire à trois ou quatre pour louer des 2, 3 ou 4 pièces convoités par des familles ou indispensables aux couples accueillant un enfant. Et les propriétaires encouragent ce détournement.

Certes, les jeunes en cours d’études ont des revenus limités et incertains, mais l’anxiété de leur entourage (parents et grands-parents, voire oncles et tantes) les munit d’un réseau de cautions financières impossible à obtenir pour un adulte n’ayant plus d’ascendants. Il est ainsi fréquent que pour un loyer 800 euros, un étudiant présente des garants cumulant 6000 euros de revenus et cela est multiplié en cas de colocation. Certains géniteurs soucieux d’assurer un toit à leurs rejetons, n’hésitent pas à mettre sur la table leur patrimoine (assurance vie, fonds de placement) pour emporter la décision. Dans cette période difficile, chacun joue avec ses armes, mais cette présence massive d’étudiants hors de leur périmètre normal de résidence  rend extrêmement difficile à des actifs d’âge moyen étant au-dessus des critères du logement social l’accès légitime à un lieu de vie.

Studette pour estudiant !!

Par Sesostris
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 11:43


L’imaginaire français est, depuis le XIXe siècle, les romans de Balzac ou de Zola et les caricatures de Daumier, rempli d’images de propriétaires au cœur de pierre, intraitables et suspicieux. La réalité contemporaine est tout autre, même si elle n’est guère favorable au locataire et surtout à celui qui aspire à l’être. Voici quelques exemples

 

Les absents

 

S’il arrive traditionnellement que la concierge soit dans l’escalier, le propriétaire est lui bien souvent en vacances voire en résidence permanente à l’étranger. Alors qu’on fait de son mieux, comme locataire potentiel, pour monter un dossier le plus complet possible et l’agrémenter éventuellement d’une lettre ou d’un rapide Curriculum Vitae pour se présenter, le choix terrible qui vous ouvre ou vous ferme définitivement les portes du nid douillet sur lequel vous lorgniez, s’effectue de plus en plus fréquemment à partir de trois lignes dans un mail où d’une conversation téléphonique de moins d’une minute. Encore tout récemment, un agent immobilier, pourtant plutôt parmi les sérieux auxquels j’ai eu affaire, a reconnu un peu piteux qu’après avoir cherché à joindre le propriétaire plusieurs jours sans succès, il avait bien réussi - par téléphone - à lui « communiquer les dossiers concernés ». « Comment avez-vous fait ? » « Hé bien, il m’a demandé combien gagnaient les candidats et ce qu’ils faisaient » « Et c’est tout ? », « Oui ! ».

Pourtant louer un lieu de vie comme y emménager sont des actes qui n’ont rien d’anodins. Ils engagent le bailleur comme le locataire pour plusieurs années, parfois pour le meilleur, mais hélas aussi pour le pire ! Ce qui est certain, c’est que si j’étais un jour propriétaire-bailleur ce qui m’apparaît plus qu’improbable, je souhaiterais absolument rencontrer les candidats souhaitant habiter chez moi avant de prendre une décision qui peut être lourde de conséquence.

 

Les « squizzeurs »

 

Autre catégorie, beaucoup plus fréquente qu’on pourrait l’imaginer, même si les professionnels n’aiment guère en parler : ceux qui grillent la politesse à l’agence à laquelle ils ont confié la location de leur bien. J’ai rencontré le cas pas moins de cinq fois en deux mois. Une annonce est mise en ligne : on prend contact avec l’agence, on visite (souvent au sein d’un troupeau de concurrents mi-agressifs, mi-résignés), on laisse un dossier, on vous fixe une date de réponse et le moment venu… on apprend que le propriétaire à, en catimini, trouvé de son côté un locataire de son crû dans le dos de l’agent immobilier. Une fois, l’une d’entre elles m’a confié être « prodigieusement agacée » par cette façon d’agir qui constitue un manque de respect caractérisé, car enfin rien n’interdit à un propriétaire d’agir en deux temps : chercher d’abord personnellement dans son entourage et, ensuite seulement, confier – mais alors réellement – le dossier au professionnel.

 

Les « new style »

 

Je pensais, au vu du parc immobilier parisien – ancien voire très ancien – que les propriétaires étaient le plus souvent des gens d’âge mur, fréquemment retraités, voire majoritairement de genre féminin, veuves ou en passe de l’être, pour qui un loyer constituait un complément de retraite bienvenu. Cette sociologie existe bel et bien, mais elle n’est plus si majoritaire que cela. Avec l’approche de la rentrée j’ai vu apparaître des appartements plus récents ou bien alors anciens, mais remis à neuf dans un esprit plus moderne, qui correspondent à une autre catégorie de propriétaires. Ceux-ci sont jeunes (par rapport à moi) : 35-40 ans et - seuls ou en société civile immobilière - ils achètent pour les louer des appartements afin de payer les traites de leur propre résidence principale. Ils ont donc un besoin crucial de ce revenu qui est plus qu’un appoint et ils ont, pour certains, été échaudés par les conséquences de la crise sur les milieux commerciaux, bancaires ou publicitaires dans lesquels ils évoluent le plus souvent. Leur mot d’ordre : louer vite et à coup sûr (c’est-à-dire sans risque). Autrement dit, plus que les revenus du candidat, c’est le nombre et la solidité de ses garants financiers qui sont scrutés à la loupe et sans états  d’âme. Ceci revient à avantager des gens sans nécessairement beaucoup de revenus mais avec un montage financier solide derrière eux. Les plus concernés étant les étudiants.

Par Sesostris
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 11:20

J'ai mis le doigt – fin juillet 2009 – sur une filière africaine de fausses annonces sur un site de particuliers comprenant par ailleurs des offres tout à fait sérieuses. L'annonce type : un appartement à un prix « sympathique » mais pas aberrant car dans un quartier assez peu prisé (19e, 18e ou 13e). Une fois le contact pris par e-mail, se met en place un piège qu’illustrent deux exemples représentatifs :

1) le propriétaire (au nom très français) est à l'étranger (en Afrique) et il faut traiter avec son avocat (lui-même en déplacement à Londres, Bruxelles etc..).

2) le propriétaire est en France mais il est en vacances dans le Nord (berceau familial et son nom est d'ailleurs bien franchouillard).

Dans tous les cas, les précisions apportées sont solides, illustrées par des photos jointes dans le mail : le détail du mobilier, de l'état du chauffage etc... Je souhaite donc visiter les appartements et là... cela devient plus compliqué !
L'avocat veut bien revenir de Londres mais il hésite et se plaint  (on l'a déjà tellement souvent déplacé pour rien car les gens sont tellemen inconstants !!) et le nordiste veut bien couper ses vacances mais, là encore, il faut que cela soit pour du sérieux car il aime son doux ch'Nord. Comme faire alors ??? Une seule solution : le Mandat Cash !!! J'envoie le montant d'un loyer par un système de la Poste qui permet à quelqu'un de le toucher sur simple présentation à une adresse ou à une boîte postale. Sitôt l'argent envoyé (qui est présenté par mon correspondant comme juste « déposé et bloqué à la Poste » ce qui est évidemment faux), la visite pourra commencer dans les heures qui suivent comme par enchantement !!

Comme je maîtrise un peu certains outils sur Internet, j'ai pisté mes lascars sur le Web et le résultat n'est pas triste. L'avocat surbooké « Maitre François » est dénoncé comme avocat véreux et escroc (dans une très longue liste de plusieurs centaines) par un site d'Africains qui mettent en garde leurs compatriotes et les français contre les « croqueurs » (escrocs en langage local). Quand au nordiste de père en fils au nom bien français (Frédéric Dupuis) j'ai pu le suivre jusqu'à des blogs de belles africaines où il offrait ses service amoureux de play-boy béninois (??!) maîtrisant fort bien l'argot local. 

En fait, nos « propriétaires parisiens » sont à Yaoundé, Dakar ou Abidjan mais par la magie d'Internet ils ont l'air d'être sur Paris. Si on mord à l'hameçon, on envoie un mandat (500 à 600 euros) à un cousin ou un compère présent par intermittence à une adresse improbable et provisoire dans un coin perdu du 10e  ou du 18e arrondissements. On ne voit ensuite bien entendu jamais l'appartement, et l’argent s’est évaporé sans espoir de retour ! Leur affaire est bien pensée et leur annonces (j’en ai débusqué plusieurs dizaines) très bien rédigées.

Naturellement, j'ai envoyé des mails d'alerte fermes et détaillés au webmaster du site sur lequel apparaissent ces petits malins mais, visiblement, il n’en a à ce jour tenu aucun compte (serait-il complice ??). Je suis malgré tout certain que de nombreuses personnes, désespérées de ne pas trouver de logements, se font gruger quotidiennement.

Par Sesostris
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chercheappartdesesperement

Cherche appartement... désespérément !!

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